Les Troubles Musculo Squelettiques (TMS)

Les TMS constituent aujourd’hui la maladie professionnelle la plus répandue en France. Les TMS représentaient environ 70 % des maladies professionnelles reconnues dans notre pays en 2002, ce qui fait de la prévention de cette pathologie un réel enjeu national, à la fois de santé publique, mais également économique. Cette situation n’est d’ailleurs pas spécifique à notre pays. Cette pathologie se traduit par une douleur pour le travailleur atteint, qui s’accompagne de gênes fonctionnelles qui peuvent toucher tous les segments corporels. Les conséquences se mesurent donc à la fois en termes de santé, mais également en termes d’efficacité du travail.

 

Les TMS : un enjeu social Depuis plus de 10 ans, toutes les statistiques montrent une augmentation du nombre de TMS, ce qui en fait aujourd’hui en France la maladie professionnelle reconnue la plus répandue. Les coûts directs (indemnités, traitements, soins médicaux et chirurgicaux) de cette explosion de cas deviennent de plus en plus importants pour la société, et les coûts indirects (production, absentéisme, remplacement…) sont estimés deux fois supérieurs par Hagberg & al. (1995).

 

Un enjeu de santé publique Le nombre de travailleurs concernés fait de la lutte contre cette pathologie un enjeu de santé publique majeur qui préoccupe toutes les grandes institutions de la santé, qu’elles soient nationales ou internationales. Le vieillissement général de la population accentue encore davantage la nécessité d’engager des mesures efficaces pour lutter contre les TMS, puisque l’âge des travailleurs est un facteur corrélé à l’apparition de la pathologie. L’allongement de la durée du travail avant la retraite ne va donc pas contribuer à réduire le « phénomène épidémique TMS »

 

L’interprétation de ces chiffres fait l’objet de débats controversés. Un certain nombre d’interlocuteurs considèrent notamment que la recrudescence des TMS reconnus en France est en partie explicable par l’évolution du tableau n° 57 de la Caisse Nationale d’Assurance Partie 1 – Les TMS et le travail à la fin du XX ème siècle – 36 – Maladie (CNAM). En 1991, les critères de reconnaissance de l’origine professionnelle des TMS ont été élargis, ce qui tendrait logiquement à favoriser une augmentation du nombre de TMS reconnus en maladie professionnelle (MP). En effet, un net accroissement du nombre de TMS reconnus a bien été enregistré au cours des deux années suivantes. Toutefois, Bourgeois & al. (2000, p. 41) nous amènent à constater que « le phénomène ne s’est jusqu’à aujourd’hui nullement infléchi. De plus, alors que le tableau n° 39 de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) n’a subi une modification qu’en 1993, il est intéressant de constater que l’évolution statistique est comparable à celle du tableau n° 57 de la CNAM », ajoutent les auteurs. « De surcroît, de nombreuses entreprises non touchées en 1991, par l’apparition ou la recrudescence des TMS, sont particulièrement concernées quelques années plus tard » (Ibid). Tout ceci souligne le fait que l’évolution stricte des critères de reconnaissance n’est pas une explication suffisante, à elle seule, de l’évolution impressionnante du nombre de TMS. Ceci est d’autant plus vrai que la reconnaissance d’une maladie professionnelle reste malgré tout une « course d’obstacles » (Pezerat & Thébaud-Mony, 1988 ; Thébaud-Mony, 1995).