Théorie de la Sophrologie Caycédienne

Origines

L’origine du terme « Sophrologie » se comprend en remontant historiquement à la Grèce antique et notamment aux dialogues du philosophe Platon qui utilisa le mot de « sôphrosunè » signifiant paix spirituelle, tempérance, repos. Alfonso Caycedo s’en inspira et créa le mot Sophrologie à partir de mots formants grecs propres :

SOS = Harmonie

PHREN = Esprit

LOGOS = Science ou Discours

Nous pouvons à la fois résumer son origine et son but.

Ces racines permettent de comprendre la richesse d’application de cette discipline puisque la sophrologie est à la fois une science, un art de vivre et une philosophie.

Sophrologie Caycédienne Etymologie

Les sources de la Sophrologie

Le schéma suivant permet d’évoquer les multiples voies que la Sophrologie a explorées en créant sa propre discipline. Les noms des personnalités ou les méthodes étudiées figurent sous chaque source ou pays qui permirent d’aboutir à la synthèse des techniques sophrologiques.

Il a paru utile de les citer car toute nouvelle discipline tire on existence des connaissances antérieures, en gardant ce qui permet la création de nouveaux concepts. C’est pourquoi ici est évoqué certaines de ces sources qui aideront à comprendre la richesse de la Sophrologie.

Sophrologie Caycédienne Sources

Théorie Caycédienne des états et niveaux de conscience

C’est avec cette théorie que Caycedo a fondé la Sophrologie en 1960. Proposée au début comme hypothèse de recherche, la conception d’une structuration de la Conscience humaine en états et niveaux, a été ensuite scientifiquement démontrée. Cette première théorie est devenue l’un des concepts fondamentaux de la Sophrologie.

Sophrologie Caycédienne Etats et Niveaux de Conscience

Les Niveaux de Conscience

Il existe trois niveaux de Conscience dits quantitatifs :

  • La veille,
  • Le niveau sophroliminal,
  • Le sommeil.

Ces niveaux de Conscience représentent les variations quantitatives de la vigilance. Ils ont un caractère universel, constant chez tous les humains. Ils oscillent entre la veille et le sommeil. En état de veille, la vigilance diminue depuis l’hypervigilance vers la vigilance habituelle des actes de la vie courante, jusqu’au niveau sophroliminal, zone intermédiaire séparant la veille du sommeil. Les niveaux de Conscience sont indépendants, dans leur variations, des états de Conscience. Les niveaux de Conscience peuvent être modifiés pharmacologiquement et chimiquement. Citons les barbituriques, les hypnotiques, les anesthésiques, dans un sens de baisse de vigilance, les amphétamines, les psychotoniques dans le sens d’une augmentation de la vigilance.

Le niveau sophroliminal représente, au début de l’entraînement, le niveau privilégié de conscience du travail en Sophrologie.

Il correspond à des dénominations usitées dans d’autres spécialités telles que : subliminal, relaxation alpha, au bord du sommeil. Il constitue la zone inférieure du niveau de vigilance ; il n’existe pas de rupture de communication, les sujets entraînés peuvent même parler dans ce niveau.

La sophronisation permet l’accès et le contrôle de ce niveau où s’appliquent les techniques d’activation constituant le travail propre adapté à chaque application en Sophrologie.

Le niveau sophroliminal apporte une augmentation de nombreuses potentialités sous-exploitées dans les niveaux de vigilance habituelle ou d’hypervigilance.

  • Les phénomènes sophromnésiques sont augmentés. La mémoire, capacité majeure de l’être humain, va pouvoir être activée et renforcée ainsi que toutes les conséquences qui en découlent.
  • La plasticité imaginative est stimulée et permet un travail sur l’imaginaire, sur les situations déplacées dans le temps, à la base de très nombreuses techniques.
  • La sophro-labilité senso-perceptive : les perceptions des mondes intérieurs et extérieurs vont progressivement être améliorées et la capacité de sentir et de percevoir est renforcée, permettant de parvenir à la qualité nécessaire pour l’échange et la Vivance.
  • Le renforcement du processus phénoménologique se trouve facilité par la sophronisation à savoir le retour à la chose même, la suspension du jugement et la mise entre parenthèses.
  • Le dévoilement des possibilités existentielles de l’être. La perception, aux niveaux les plus profonds de la conscience, des capacités et des valeurs de l’être humain est développée. Ce facteur existentiel ouvre des perspectives pour l’avenir.

De nombreuses études scientifiques, par électroencéphalogramme et physiologiques, pharmacologiques et chimiques, psychologiques, et cliniques ont confirmé la validité du concept de l’éventail de la Conscience comme base de travail en Sophrologie. La réalité physiologique du Niveau Sophroliminal est objectivée par les tracés à l’électroencéphalogramme, les ondes captées correspondant à ce niveau apparaissant nettement, notamment à la fermeture des yeux.

Les Etats de Conscience

Les états de conscience représentent les variations qualitatives de la conscience, la faculté qu’ont les êtres humains de ressentir et de vivre leurs réalités quotidiennes ou en termes plus prospectif et sophrologique, les « possibilités existentielles de l’être ».

Il existe trois états de Conscience :

  • La Conscience individuelle ordinaire étudiée par la psychologie,
  • La possibilité existentielle sophronique étudiée par la Sophrologie,
  • La possibilité existentielle pathologique étudiée par la psychiatrie.

Ils représentent donc les modifications qualitatives entre la maladie et la Conscience sophronique.

Les états normaux, classiques, sont considérés comme entrant dans la conscience individuelle ordinaire. On se trouve dans le vécu et l’attitude naturelle, opposée à l’attitude phénoménologique. C’est la conscience de l’individu vivant en permanence dans des schémas préétablis, dans des représentations mentales qui ne viennent pas forcément de lui, dans des a priori, sans questionnement, sans nouveau regard sur les choses.

Les états pathologiques représentent le vécu de l’être dont la Conscience est altérée par la maladie. Ces états d’altérations psychiques s’étendent des dépressions réactionnelles, de l’hystérie, des névroses jusqu’aux différentes psychoses, arriérations mentales et démences irréversibles.

Les états sophroniques de Conscience supérieure, représentent la Vivance de l’être possédant une nouvelle Conscience phénoménologique et existentielle, opposée à la maladie. Cette Conscience équivaut à une intégration existentielle positive de l’être qui sort de son ordinaire. La recherche et l’acquisition de cette conscience sont la finalité de la Sophrologie. Chacun de nous peut accéder à une conscience supérieure dans certains moments de « lumière » comme lorsque nous avons l’impression de découvrir quelque chose, de créer, d’être en communion artistique, esthétique ou sensible avec une oeuvre qui nous élève, lorsque nous partageons des instants d’émotion intenses, dans la tendresse, dans l’amour, etc. tout ce qui magnifie l’être humain. l’intérêt de la recherche sophrologique est d’augmenter notre potentiel d’accès dans cet état supérieur de conscience. mais et c’est là sa force, pas uniquement dans l’exceptionnel, plutôt dans la vie, dans notre acte de vivre qui se déroule en permanence tous les jours, dans « les événements de la vie ». L’amélioration progressive de notre qualité de conscience quotidienne nous mènera à une nouvelle quotidienneté plus vraie, qui vient de nous, mettant notre existence au diapason de notre être. Ainsi, ne nous méprenons pas, l’idée de conscience supérieure en sophrologie n’est pas celle du « surhomme », mais davantage celle de l’homme vrai, authentique, en accord avec lui-même. Les modifications des états de Conscience s’accompagnent souvent de modifications de vigilance.

Théorie Caycédienne des  5 systèmes

5 systèmes

L’intérêt des systèmes

Ils forment une synthèse des structures de base de chaque être. Sur le plan sophrologique, ils ont été reconnus par la Vivance. Ce sont des systèmes d’intégration vivantielle, révélée lors de l’entraînement par notre processus vivantiel, c’est lui qui leur permet de s’exprimer. Chaque système présente ses spécificités, anatomiques, organiques, symboliques, etc.

Nous pourrions faire une synthèse de la symbolique, de l’énergétique, des représentations propres à chaque système. Cela est passionnant. Mais serions-nous encore dans la Sophrologie existentielle ? La réponse est non, bien sûr. L’intérêt de la nouveauté des cinq systèmes est de ne pas reprendre de vieux concepts (tels que chakras, les cuirasses, etc), qui nous situeraient dans des représentations mentales et des a priori, mais de laisser libre le champs de la découverte des phénomènes.

L’intérêt de l’entraînement sophrologique est de laisser chaque individu découvrir par lui-même ce que représentent pour lui ses propres systèmes. Laisser les phénomènes s’exprimer à l’échelle individuelle c’est cela la démarche phénoménologique, qui va permettre à chacun de se redécouvrir et d’exister.

Docteur Patrick-André Chéné « Initiation à la Sophrologie » Ellébore