Pleine conscience et moment présent

moment présent

Le moment présent est notre seule réalité

Nous le savons que trop bien. Nous vivons dans notre tête et plus particulièrement dans nos pensées. Quand ces dernière sont constructives et positives, nous nous sentons bien mais quand elles commencent à devenir négatives, obsessionnelles,  elles finissent par générer des troubles, des émotions négatives, un certain mal-être, à dérégler notre organisme.

Oui nos pensées nous rendent malades… et plus particulièrement ces processus de pensées, ces automatismes, ces schémas répétitifs qui finissent par nous donner  une certaine image de nous même. « Je suis comme ça depuis longtemps je ne changerai jamais, je me connais, chaque fois que je rencontre cette situation il m’arrive exactement la même chose, j’évite donc certaines situations, personnes, endroits, aliments, etc… ».

Nous ne pouvons pas supprimer nos pensées négatives ni les états qu’elles entraînent. Nous pouvons par contre en prendre conscience et nous renforcer face à leurs impacts négatifs.

Nos dangers sont devenus virtuels.

Imaginez, l’homme préhistorique face à un dinosaure était réellement en danger, dans cette situation tout son organisme répondait à l’urgence, à la survie se mettaient alors en place tout un processus physiologique.

C’est toujours le cas aujourd’hui, nos réponses physiologiques restent inchangées.

Nous anticipons et projetons l’urgence…

Imaginez à présent que nous nous mettons parfois dans le même état d’urgence sans danger réel, ni menace de mort imminente, simplement à cause de nos pensées, de nos émotions, des idées que nous nous faisons de nous-mêmes, des situations, des personnes, des agressions qui n’en sont pas toujours. Où plaçons-nous la réalité à ce moment précis ?

Nous ne faisons plus confiance en nos capacités d’apprentissage

Les étapes de la vie nous font devenir des experts. Nous sommes devenus qui nous sommes aujourd’hui.

Prenez un enfant qui se brûle à la porte d’un four, pensez-vos sincèrement qu’il refera l’expérience ? ou qu’il va réfléchir des semaines durant sur cet événement qui fait à présent partie du passé ?

Nous savons donc par expérience que face à une difficulté nous saurons raisonner, réagir le plus justement possible, ou demander de l’aide si nécessaire.

Professionnels de la négativité

Il y a 50% de chances que le résultat soit positif mais malgré notre niveau d’expertise, nous avons tendance à anticiper la situation catastrophe. Nous sommes des adeptes du conditionnement négatif.

Peur de la peur

Être pleinement conscient c’est vérifier la réalité de nos peurs. Sont-elles anticipations, réactions ou réellement fondées ?

Se reconnaître comme personne consciente c’est être apte à accueillir la situation dans sa juste mesure telle qu’elle se présente car elle fait partie de l’instant présent, elle se présente à notre conscience et nous apportons la réponse nécessaire.

Être conscient

La pleine conscience c’est se sentir conscient,  tout simplement. Reprendre les rênes de sa vie d’une façon plus réaliste.  C’est également être conscient de nos schémas de pensées, de nos mécanismes et automatismes, c’est les accueillir sans jugement, c’est s’accueillir sans jugement. C’est cela le véritable accompagnement.

Loin des mouvements de notre esprit vagabond entre interprétation, focalisations sur nos maux, jugements, visite des souvenirs, blocage émotionnel, projections futures, réflexions intempestives, problématiques à résoudre, réactions face à notre environnement social, professionnel, familial, relationnel.

La pleine conscience n’est pas une invitation à l’évasion, si nous devons nous évader ce serait de quitter par un acte volontaire ses maux, ses parasites pour mieux revenir dans le présent. Un présent qui n’est pas connoté, un présent qui se vit, qui se choisit, le présent est ce que l’on en fait. C’est une aptitude, une attitude, un comportement responsable vis-à-vis de soi-même.

Le moment présent est dynamique, toujours en mouvement. S’attacher à sa stabilité est illusoire. Notre seule stabilité, c’est nous ou plutôt cette perception de nous. La stabilité c’est se sentir profondément ancré, confiant en soi, en ses capacités, là juste là, présent à soi-même.

Vivre l’instant présent c’est être présent à soi-même, c’est donc se vivre en toute conscience.

Pour se sentir être faut-il encore se percevoir au milieu de tous ces états parasites. Faire le tri, étiqueter, classer, ranger.

La pleine conscience c’est donc se percevoir d’une façon plus juste, pour s’amener à encore plus de justesse, d’ouverture, pour se vivre en bon équilibre mental, moral, physique, psychologique et se vivre dans cette fluidité sans objectif particulier, sans rien à atteindre, à posséder, à gagner…

C’est toute la magie de l’instant présent… Se montrer, dévoiler qui l’on est vraiment… Et de bien belles et positives surprises nous attendent dans cette vitale interstice… la surprise c’est de faire connaissance avec soi-même.

Être présent c’est être vivant en tout lucidité, la pleine conscience c’est être lucide.

La méditation de pleine conscience est un entraînement à être, à revenir vers soi de plus en plus régulièrement.

Au début l’on découvre comme nous pourrions découvrir un nouvel endroit sans connaissance particulière du lieu, une découverte avec curiosité, ensuite nous connaissons ce lieu, nous y revenons et puis nous nous y installons comme nous serions installés face à un beau paysage, changeant à chaque saison, modifié par la luminosité, le temps, de nouvelles plantes peut-être, le passage d’animaux paisibles. Un paysage dansant sur le mouvement du vent…

Le paysage change mais notre calme intérieur demeure, notre stabilité là assis à cet endroit, reste inchangée. Nous sommes moins victimes des mouvements extérieurs, intérieurs, nous les regardons passer. Nous avons mis de la distance avec les divers parasites et ce qui demeure est tout cet espace à vivre d’éléments  positifs, constructifs, ceux qui nous font du bien, nous font grandir. Libres de nos choix et de nos envies qui ne sont plus confondues avec des « besoins ».

Rien à conquérir tout à accueillir